En rejoignant le Groënland dans la journée du dimanche 9 septembre Sébastien Roubinet voit désormais son nom être inscrit en lettre d’or dans les pages des grands livres d’histoire en réalisant cet incroyable défi qui n’a pas été sans heurts et douleurs. Le froid, l’humidité, l’espace restreint ou encore le manque de vent ont été le lot presque quotidien du skipper et ses équipiers, Anne –Lise Vacher Morazzani, Boris Teisserenc et Éric André.
Contactée lundi matin au téléphone par le correspondant de Course au Large à Québec, la conjointe du skipper, Anne-Lise Vacher Morazzani avait peine à croire ce qui arrivait. «Quels moments de fierté incroyable pour tous ceux qui ont cru en ce projet. Nous sommes passé par toute la gamme des émotions. Nous sommes parti de rien. Financièrement, les appuis furent peu nombreux bien qu’étant toujours fort appréciés. Pour l’instant, nous sommes encore face à des difficultés considérables. Mais si nous avons pu passer à travers jusqu’ici, je ne vois plus ce qui pourrait dorénavant nous arrêter. »
Celle qui fût aussi la compagne de route du skipper pendant la première portion de cet interminable chemin a également raconté les circonstances du démâtage qui a bien failli mettre en péril tout le projet. « Nous venions de franchir le détroit de Bering lorsque cela s’est produit. Le bateau était de toute évidence trop lourd et avait souffert considérablement dans cette mer dure à l’extrême. Au moment où c’est arrivé, nous avons songé à tout abandonner mais au bout de quelques minutes de réflexion, nous avons commencé à trouver des solutions. C’est ainsi que des gens du coin nous ont fourni un hangar où nous avons pu travailler au chaud. Nous avons aussi pu trouver du carbone pour réparer. Bref, nous n’avons pas manqué de chance de ce côté. Et c’est d’ailleurs ce qui nous a le plus marqué dans cette aventure. La gentillesse et l’accueil chaleureux des populations locales, en particulier des Inuits et des eskimos rencontrés tout au long du périple. Des gens simples et attachant dont les visages resteront à jamais gravé au fond de nous. »
Pour l’instant, C,est le choc du retour à la normale pour Sébastien Roubinet et on peut présumer que le skipper aura fort à faire dans les semaines qui suivront pour répondre à toutes les demandes d’entrevues car les comparaisons avec les meilleurs aventuriers du monde ne tarderont pas à se faire, compte tenu de la hauteur de l’exploit.
Agé de 33 ans seulement, Sébastien Roubinet se tourne désormais vers un avenir rempli de promesses. Son entourage affirme d’ailleurs qu’il ne cache pas ses attirances pour le Vendée-Globe. Or, après avoir fait montre de tout son talent de navigateur, la question de savoir si un sponsor lui donnera sa chance ne se pose peut-être plus. Il ne reste qu’à deviner quand cela viendra…
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