L’autre Québécois dans la course, Mike Birch, et son collègue, l’américain Rich Wilson, commencent, quant à eux, à récolter les dividendes de leur audacieuse option. Ils ont en effet repris une place au classement à la faveur d’une route très fortement orientée vers l’ouest, la plus décalée de tous les participants à la Transat.
Chez les Class 40, C’est toujours Giovani Soldini qui occupe le siège de leader mais il ne possède plus que 12 petits miles nautiques d’avance sur Dominique Vittet et son Atao Adio Système. À noter la dégringolade au classement de Benoît Parnaudeau qui s’accentue d’un relevé de positions à l’autre. Il est maintenant 25ième à 247 miles nautique du leader. C’est une forte déception car on s’attendait à beaucoup mieux. À sa décharge, il faut cependant noter que cette course se déroule depuis le début dans des conditions jamais vu. Le carburant fait cruellement défaut en raison d’une dépression stationnaire sur les Açores. Cette indécollable molle persiste depuis maintenant plus d’une semaine et rend les choix de route aussi complexes qu’hasardeux. Les météorologues et les routeurs s’arrachent les cheveux et ne savent plus à quel saint se vouer tant le vent est instable pour ne pas dire capricieux. Les fichiers météos ne donnent rien qui puisse aider les équipages. Chose certaine, le vent est le grand absent de cette course jusqu’ici.
Or les coureurs n’ont même pas encore abordé le pot au noir, ce qui risque de leur causer encore davantage de maux de tête. Des concurrents partis avec des rations pour un nombre fixe de journées passées en mer commencent d’ailleurs à se demander s’ils ne devront pas s’arrêter au Cap vert ou ailleurs pour se ravitailler.
Cette situation entraîne nécessairement des choix qui sont fait sur le mode essai erreur. Et ce qui est payant pour les uns devient en même temps vachement coûteux pour les autres. Chez les 60 pieds IMOCA, certains y sont allés de choix plus que discutables, cherchant la brise ça et là, sans grand succès. C’est le cas de Michel Desjoyaux qui paye un lourd tribut pour son option le long de la côte africaine. Il accuse maintenant près de 100 miles de retard et ça ne s’arrêtera pas là. Même chose pour Jean LeCam qui voir son retard s’accroître en dépit d’un choix pourtant beaucoup plus logique à l’ouest du plan d’eau. En conclusion, les centristes ont raison. Du moins pour l’instant…
Reste le Pot-au-noir qui pourrait réserver encore quelques surprises et redistribuer les cartes. Après, il ne restera plus beaucoup d’options, sinon peut-être une autre molle au large du Brésil qui pourrait nous donner un finish dans le genre de celui de la dernière Route du Rhum mais je ne parierai pas mon chèque de paye là-dessus.
D’autre part, en multicoque 60 pieds Orma, plus rien, sinon un bris majeur, ne pourrait empêcher Frank Cammas et Stève Ravussin de poursuivre leur balade de santé vers la ligne d’arrivée à Salvador de Bahia sur leur trimaran Groupama II qui mène la flotte depuis déjà plusieurs jours. Il leur reste moins de 1000 miles à parcourir. Rappelons que nonobstant un arrêt éclair qu’il a dû effectuer aux Açores, le célèbre trimaran vert a maintenant franchi le pot au noir et se dirige droit vers l’arrivée sans être inquiété par Lionel Lemonchois et son Gitana XI qui suivent à…341 miles nautiques derrière. Même chose pour Crêpes Wahoo qui domine outrageusement sa classe et a maintenant devancé presque tous les 60 pieds IMOCA. Franck-Yves Escoffier et Karine Fauconnier ont 343 miles d’avance sur Laiterie St-Malo de Victorien Erussard et Fred Dahirel.
Du côté de la Barcelonia World Race, ça ne va guère mieux point de vue météo. Bien qu’aux dernières nouvelles Jean-Pierre Dick menait la flotte qui s’était divisée en deux, un coup d’œil sur les vitesses des bateaux avait de quoi refroidir la libido du meilleur marin. C’était à proprement dit décourageant même pour les terriens qui suivent les courses. Et certains comme Jérémie Beyou sur Delta Dore ne cachaient d’ailleurs pas leur exaspération devant cette situation qui met les nerfs à vif. « Est-ce que la course va se décider en Méditérané? » Se demandait le skipper lors de sa dernière communication.
Si le classement demeurait tel qu’il est maintenant jusqu’à l’arrivée, cette édition de la Transat Jacques Vabre pourrait couronner un Québécois d’origine belge, un Anglais, des Français et un suisse. Pour ceux qui rêvent d’internationaliser les courses au large, ce serait à n’en point douter un scénario idéal. Mais la course est dure et la route est longue.
Tout comme ceux de la Transat Jacques-Vabre, les participants à la Barcelonia World Race se trainent comme des limaces en ce début de course.
Tags: Bruno Dubois, Mike Birch, Transat Jacques-VabreArticles relatifs
| Voile En Ligne Le Blogue nautique de référence au Québec et reconnu au niveau international, en matière de course en haute mer et de compétition entre voiliers! Retrouvez ici des articles sur le Vendée-Globe, sur l'Open 60, sur Derek Hatfield, sur Imoca, sur la Transat Québec-Saint-Malo, sur le skipper Georges Leblanc, sur le Class 40, et plus! |







