Crédit Photo: site internet de la Mini-Transat
La Mini-Transat entre la Charente-Maritime en France et Salvador de Bahia au Brésil a débuté le week-end dernier. Cette année réserve une cuvée exceptionnelle. 84 fous se sont élancés dimanche dernier pour 4200 milles nautiques de course en deux étapes.Â
La première épreuve se joue entre la Charente-Maritime et Funchal, chef-lieu de l’île de Madère pour 1100 milles nautiques tandis que la deuxième étape se déroule quant à elle entre Funchal et Salvador de Bahia au Brésil, soit une traversée de l’océan Atlantique de 3100 milles nautiques.
78 hommes et 6 femmes sont parmi les solitaires. On compte aussi 33 étrangers venant de 14 pays différents. Le plus jeune Pierre Lecorgne est âgé de seulement 22 ans tandis que le doyen Robert Jacobson aligne pas moins de 54 balais. Malheureusement, aucun canadien ne figure dans cette course quoi que deux candidats sérieux se préparent présentement pour la prochaine édition, soit les skippers Sylvain Lévesque et Nicolas Gibault.
À noter que pour avoir le droit de prendre le départ, le couple bateau/skipper doit parcourir 2 000 milles, dont 1000 milles en course et 1000 milles hors course. Ceci dans le but de vérifier la navigabilité du bateau et permettre aussi au coureur de vivre et se familiariser avec les écueils psychologiques que peut comporter un tel séjour seul en mer.
Cette course est évidemment à haut risque. Imaginez ce que peut être la vie sur un bateau dont la longueur fait à peine plus que celle d’une voiture de type compact sans aucun confort et dans un environnement des plus hostile. Plus petit que ça, vous traversez l’océan dans une cuillère à soupe. Le seul élément de sécurité se trouve dans la présence d’un très grand nombre de bateaux qui peuvent être appelés à intervenir si vous avez des ennuis. Du reste, vous ne devez vous fier qu’à vous-même. Notons également que 7 bateaux accompagnateurs sont en route pour assister les coureurs en cas de besoin.Â
Côté histoire, c’est en 1977 que se dispute la première édition de cette course. Depuis lors, de nombreux grands noms de la voile contemporaine sont passés par la Classe Mini : Loïck Peyron et son frère Bruno Peyron, Jean-Luc Van Den Heede, Marc Thiercelin, Yves Parlier, Laurent Bourgnon et son frère Yvan Bourgnon, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, Roland Jourdain, Lionel Péan, Marc Guillemot, Thomas Coville, Catherine Chabaud, Lionel Lemonchois, Jacques Caraës, Patrice Carpentier, Thierry Dubois, Halvard Mabire, Didier Monduteguy, et bien d’autres, ont participé à la Mini Transat.
C’est ainsi que cette course est devenue au fil des ans, le banc d’expérimentation par excellence du monde de la course au large. Les coureurs comme les architectes y font leurs classes. Il existe d’ailleurs deux sous catégories dans le monde du 6.50, soit les bateaux de série d’un côté et les prototype de l’autre.Â
Participer à la Transat 6.50 est aussi fort accessible en terme de budget, d’où l’engouement pour ce type de bateau. Les mini 650 offrent également un potentiel vraiment marin et ce, pour une fraction du prix de leurs grands frères de la class 40 et de l’IMOCA. Les bateaux peuvent être construits en carbone et l’installation de dérives est tolérée. De plus, à l’instar des coursiers de type Open 60 de dernière génération ils sont équipés de quille basculante. Les règles sont par contre plus strictes en ce qui à trait à l’assistance à la navigation ainsi que l’usage de l’électronique.
Côté course, les engagés ont dû d’entrée de jeu, affronter un solide coup de vent qui a envoyé au tapis une bonne demi-douzaine de concurrents. Certains se sont relevé et d’autres pas. On répertorie présentement deux abandons au tableau du classement.
Les premiers jours de mer ont présenté une relative parité dans les classements initiaux qui n’a toutefois pas duré très longtemps. Certains n’ont en effet, pas tardé à se manifester parmi le lot. Le plus bel exemple de cela est sans doute le Portugais Francisco Lobato qui mène la charge en classe 650 de série, ayant creusé un écart de plus de 80 milles nautiques sur son poursuivant. Il se trouvait déjà à la lattitude de Lisbonne aux dernières nouvelles.
La flotte s’étiole déjà sur près de 400 milles nautiques. Côté de prototypes, c’est beaucoup plus serré quoi qu’encore là , les écarts se creusent. Henri-Paul Schipman occupe la position de tête, seulement 9,7 milles nautiques devant Bertrand Delesne qui remonte à vitesse grand V. Puis il faut aller 27 milles plus loin pour trouver le troisième de cette catégorie, soit le français Thomas Ruyant.
Au dernier relevé, il ne restait à Francisco Lobato (en classe bateaux de série) que 364 milles à faire avant l’arrivée tandis qu’il en restait un peu plus, soit 369 pour son collègue Schipman qui lui coure en classe Prototype. Les vitesses sont bonnes pour ne pas dire excellentes. Dans les deux catégories, les bateaux maintiennent des moyennes qui varient entre 9 et 13 nœuds sur 4 heures et autour de 9,5 nœuds sur 24 heures.
Le record de course est détenu par Yves LeBlévec sur Actual Interim en 2007 avec un temps de 17 jours 06 heures 36 minutes et 02 secondes. En bateaux de série c’est Hervé Piveteau qui détient le record sur Jules – Imprimerie Cartoffset en 19 jours 14 heures 39 minutes et 00 secondes
Vous pouvez suivre cette passionnante course en visitant le site de la Mini-Transat 650 à l’adresse suivante :
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