Voile En Ligne 2017-03-30 @ 20:25:56 -04:00 UTC
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Vendée Globe: « Du grand n’importe quoi…? »

Sailing aerial images of the IMOCA boat No Way Back, skipper Pieter Heerema (NL), during training for the Vendee Globe 2016, off Belle Ile in South Brittany, on October 6, 2016 - Photo Jacques Vapillon / No Way Back Images aériennes de No Way Back, skipper Pieter Heerema (NL), lors d'un entrainement solo pour le Vendée Globe au large de Belle-Ile, le 6 Octobre 2016 - Photo Jacques Vapillon / No Way Back

Est-ce que le skipper Pieter Heerema aurait pu faire marcher plus vite son coursier No Way Back?

La communauté du Vendée Globe a été le théâtre d’une prise de bec entre les navigateurs Fabrice Amedeo et Jean LeCam, après  que ce dernier eut affirmé que « derrière,[les leaders su Vendée Globe] c’est du grand n’importe quoi ». Une façon typique du Roi Jean de questionner certains acquis notamment la très grande distance entre le premier et les derniers.

Pertinent ou maladroit, c’est selon. La question préalable va plus loin que ça. Sommes-nous aux prémices d’une offensive visant à faire du Vendée Globe une course de One Design entre professionnels uniquement? La question se pose. L’idée a ses avantages comme ses inconvénients. Quand on voit l’écart entre le premier arrivé aux Sables d’Olonne et le dernier qui franchira la ligne d’ici une dizaine de jours, ça suscite bien des interrogations.

Fabrice Amedeo n'a pas prisé les propos de Jean LeCam

Fabrice Amedeo n’a pas prisé les propos de Jean LeCam

Que des gens veuillent vivre la griserie d’un tour du monde dans une course où ils doivent se mesurer à des professionnels, ça demeure assez inusité. On ne pourrait imaginer un tournoi de tennis ou de hockey où Joe Blo viendrait jouer contre Jokovic. À la boxe, on est encore plus méchant. On appelle cela des jambons. Or, même ces punching bags humains qui souvent, ne servent que de faire-valoir à des cogneurs de premier plan sont minimalemment  des boxeurs professionnels dans le sens lourd du terme.

Évidemment, en mer, ce n’est pas la même chose. Il y a les fous-furieux d’une part et de l’autre il y a ceux qui veulent vivre une expérience personnelle. Chaque raison se défend. Et ce qui fait que l’on soit si admiratifs des perdants contrairement à bien d’autres sports, c’est que le Vendée Globe demeure une aventure d’abord et avant tout pour le commun des mortels.

N’empêche! Dans une certaines mesure, Jean LeCam avait raison de se demander à quoi rime le fait d’être aussi loin derrière le premier. La distance entre Armel LeCleac’h et Sébastien Destremau est équivalente à celle d’un aller-retour entre Halifax et Vancouver. Sans blague…

On comprendra certes que le fait de se questionner sur la pertinence d’une course où l’écart entre les protagonistes est tel qu’il en est presque indécent, n’a donc rien de malicieux. Le Vendée Globe et les courses à la voile en général sont d’autre part caractérisé depuis des lustres par la présence d’aventuriers. Si la mer était un court de tennis ou une glace de 180 pieds de long, on s’entendrait sur le fait que les hurluberlus n’ont pas leur place. Mais en mer, le terrain de jeu est grand. Et la présence des chercheurs de notoriété ou d’aventuriers en mal de sensations fortes ne peut pas déranger grand monde.

Le roi Jean n'a pas l'habitude d'avoir la langue dans sa poche.

Le roi Jean n’a pas l’habitude d’avoir la langue dans sa poche.

Sauf que dans tous les sports de compétition, la règle est d’opposer les meilleurs d’une discipline. La voile est le seul sport où des amateurs peuvent se mesurer à l’élite. Parfois, ça peut donner des résultats intéressant. Comme par exemple de voir des gens tout à fait méconnus resurgir parmi un groupe où personne n’aurait pu imaginer qu’il puisse se situer favorablement. Ça fait de la voile un sport vraiment pas comme les autres.  Voilà maintenant que cela créé une polémique.

En fait, visiblement, il n’était pas dans l’intention de Jean LeCam de dénigrer ses pairs au loin. Mais pourquoi soulever cette question alors, si ce n’est qu’afin que des changements se produisent? Et ces évolutions seraient de quel ordre? Pourrait-on envisager une course par étapes comme la Volvo? Le Vendée Globe a beaucoup évolué au fil des ans, notamment en ce qui a trait à son parcours qui a été adapté à la réalité du réchauffement climatique. Un parcours par étape a la particularité d’être plus payant et d’attirer plus de commanditaires. Cela aurait aussi le mérite de regrouper la flotte et de sonner la cloche pour plusieurs départs. Ça donnerait la chance à plusieurs de l’emporter ou de faire des gains lors de certaines épreuves inport par exemple. Et finalement, ça n’en serait pas moins un tour du monde en solitaire.

La façon de soulever la question n’était peut-être pas des plus adroites. Mais il n’en demeure pas moins qu’elle mérite qu’on s’y attarde. Se fermer à la réflexion, aux nouveautés et du coup demeurer statique n’est pas une stratégie payante pour quelque organisation que ce soit.

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