Voile en Ligne profite aujourd’hui de l’occasion qui lui est faite pour féliciter le Port de refuge de Cap à l’Aigle qui célèbre cette année ses vingt ans d’existence. Grâce au dévouement de bénévoles et aux efforts des personnes qui se sont impliquées et qui travaillent toujours pour assurer la pérennité de ce qui est l’un des plus beau port de refuge dans l’est du Québec le temps a passé vite mais le dynamisme initial est toujours là. Voile en Ligne salue cordialement toute cette merveilleuse équipe et souhaite une longue vie à leurs belles initiatives ainsi qu’au Port de refuge de Cap-à l’Aigle.
Maintenant ! Une journée à bord du Ocean-Phenix suffit à mesurer l’ampleur de l’exploit de ceux qui ont fait le tour du monde avec ce coursier. Tout d’abord, mentionnons que le Ocean-Phenix est l’ancien Sweedish Match. Ce voilier de type VO60 a pris part jadis à l’une des premières éditions de ce qui est rien de moins que la Volvo Ocean Race. La longueur hors tout bateau fait près de 65 pieds. Son mât approche les cent pieds de hauteur de quelques pouces seulement.
Mais ce qui frappe, c’est avant tout l’environnement de travail. Il n’y a de place pour aucune erreur. Le pont est garni d’une multitude d’entraves et les cordages se comptent en kilomètres. Un véritable spaghetti lorsque les voiles sont montées. Il faut vraiment savoir où l’on va et ce que l’on fait sur ce bateau où nous guettent sans arrêt, milles périls de toutes sortes.
La bôme fait d’aluminium est gigantesque et on se demande bien comment il se fait qu’une telle lourdeur ne puisse retenir le mât et la grand-voile à elle seule et surtout, comment il se fait qu’on ait en plus besoin de bastaques pour tenir tout ça en place. Parlant de ces bastaques, ne vous avisez pas de les choquer au mauvais moment car une telle erreur peut tourner à la catastrophe. Pour ceux qui connaissent moins ça, les bastaques sont des cordages servant à retenir le mât sur l’arrière à tour de rôle dépendamment de quel côté est l’amure.
Malgré son âge, le Ocean-Phenix est et demeure une véritable merveille technologique. Les ballasts et les énormes tuyaux servant au transfert du lest frappent dès l’entrée à l’intérieur du bateau. L’espace y est d’ailleurs restreint et l’aménagement des plus spartiate. Bref, on imagine cinq minutes la vie à bord du bateau lors de ce tour du monde et on se demande comment ils ont pu faire tant la promiscuité est importante. Il faut une équipe soudée à mort pour vivre dans un pareil milieu.
Mais il faut une équipe pour faire marcher un tel engin. Nous n’étions que trois cette après-midi et soyez assuré que votre humble serviteur a perdu quelques livres. Manœuvrer ce bateau nécessite une condition physique impeccable. Le tableau arrière de 18 pieds de largeur n’offre aucune ergonomie. Borde ici, choque là, bastaques, génois, grand-voile, Bref, il faut être extrêmement fort et endurant pour wincher, rapide pour se déplacer et se repositionner et finalement, il faut être attentif aux ordres du barreur. On coure comme des lapins, on est constamment essoufflé et on a les bras comme de la compote au terme de la journée.
On comprend aussi pourquoi la voile est un sport aussi structurant. D’ailleurs, Georges Leblanc veut faire de son voilier un outil par excellence de promotion de la voile. Le skipper de 57 ans ne cache pas qu’en plus de participer à des courses, il rêve aussi de donner l’envie à plusieurs d’envahir les écoles de voile pour apprendre et pratiquer ce magnifique sport.
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