
Jusqu’à maintenant, ce début de course prend des allures de lendemain de veille. Les équipages doivent composer avec une météo des plus capricieuses. Des grains incessants, des effets de côte et des calmes se succèdent, rendant l’environnement des coureurs étrangement semblable à un pot-au-noir qui aurait décidé de se présenter en avance. Au pointage de ce matin, les bateaux commençaient enfin à accélérer un peu même si les vents étaient toujours aussi instables. Les équipages sont à effectuer une multitude de changements de voiles et de réglages et les ampoules aux mains réapparaissent comme autant de mauvais souvenirs.
Sur Telefonica Blue, qui était le leader du levé du jour avec seulement 17 milles d’avance, Bouwe Bekking rapportait que lui et ses hommes ne comptaient plus les allers-retours entre la soute à voile et le pont avant. Toute la garde-robe y est passée.
Sur Ericsson 3, une rupture de bastaque a mis toutes les équipes sur le pont en un éclair et du tonnerre au beau milieu de la nuit. C’est d’ailleurs ce même tonnerre qui a réveillé le représentant des médias Gustav Morin. Le journaliste qui était dans sa bannette à ce moment, a rapporté avoir eu la peur de sa vie en entendant le bruit sec que cela a provoqué. L’incident a forcé l’équipe de Magnus Olsson à affaler tout le bazar pour ensuite installer une bastaque de fortune, ce qui a fait perdre de précieux milles à l’équipe.
Cette étape est l’une des plus difficiles du tour car il s’agit d’un parcours presque entièrement côtier, donnant droit à toutes les susceptibilités météo possibles. Les équipages naviguent souvent à vue et les stratégies sont peu nombreuses, de quoi énerver encore plus les marins. Le jeu du chat et de la souris devrait donc continuer dans ce champ de mines n’offrant que peu de certitudes météorologiques aux coureurs. Ce n’est que lorsque ces derniers attraperont le Golf Stream que les choses pourraient changer pour le mieux, offrant des conditions qui seront peut-être un peu plus stables. Puis même encore…